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Haléïs

Parrainé par : Le Comptoir

Au cours de l’année 2020, Juliette Meyer (voix, textes) réunit autour d’elle Thibault Gomez (piano), Fanny Lasfargues (basse électro-acoustique) et Benoît Joblot (batterie) pour créer Haléïs. Signifiant « cri retentissant » en ancien français, Haléïs marie chanson et jazz, sans être pour autant du jazz vocal. Ses influences sont moins à chercher du côté de Billie Holiday que de Babx, Jacques Brel ou Barbara. Avec ses rythmes répétitifs et ses jouissives montées en puissance, le format chanson domine, mais des espaces sont toujours ménagés pour l’improvisation. Si Meyer arrive avec des textes et des compositions, il y a une deuxième phase d’écriture en collectif — d’où une unité organique entre la voix et les instruments. Sens et son s’imbriquent pour former la chair d’une matière sonore ouverte.

Empreints de la métrique marquée propre à la langue française, les textes de Juliette Meyer (qui n’a pas suivi une formation littéraire pour rien) sont plein de poésie. Sous l’égide tutélaire de René Char, son écrivain de chevet, elle y déploie l’expérience lyrique d’un Je habité par l’absence, la déchirure, le silence. À cet univers sombre répond une musique aérienne et tournoyante, comme si dans le son se trouvait le souffle qui manque au sujet parlant. De même, l’imaginaire en noir et blanc des paroles se voit contrebalancé par une belle palette de timbres et de couleurs. Ancré dans la noirceur mais tourné vers la lumière, Haléïs se caractérise par une atmosphère en clair-obscur.

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